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22/09/2009

La disparition de Maman

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Eugène Savitzkaya - Photo © Hervé Guibert

La photographie ramène un tas de mots à la surface du regard, c'est son pouvoir et j'apprends comme je peux à l'affronter, en transformant le processus de résurgence par l'émotion  que je pourrais reproduire, chaque soir de cet hiver 2007 passé à peu près seul, en extirpant d'anciennes photos de leur boite en carton, en dépliant le papier bleu qui les emballe comme le tas d'autres images empilées face à moi sur la table. Lumière éteinte pour explorer chaque photo un peu plus tard dans la pénombre et décrypter, tout autour du visage qui revient, les phrases que j'allais lire dans le parc à seize ans, les cent fragments de LA DISPARITION DE MAMAN.

"Sur un fauteuil d'osier, un enfant pleure que personne ne regarde, que personne ne photographie."

Et cet enfant c'était moi à onze ans, sur la terrasse d'une clinique à Savigny-sur-Orge, après que le chirurgien m'ait opéré aux rétines, infligé ce bandage qu'il m'était interdit de retirer, sous peine de cécité absolue.

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