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17/10/2009

Légendaire Ylla

YLLA-LANDAU.jpgEn explorant le travail d'Ylla, je découvre quelle légende accompagnait à la fin de sa vie ses images. Ylla n'était pas l'inventrice de la photo animalière, mais en photographiant certains animaux elle leur donnait un visage. La différence est assez considérable, irréductible, humiliante aussi pour tous ces photographes qui transformèrent l'existence animale en surproduction d'images et d'ennui. Il faut des allumées, des aventurières capables de sauvagerie et d'amitié animale, prêtes aux passions et au danger pour accomplir la métamorphose d'une vision des sentiments animaux.guépard.jpg

En photographiant un guépard, Ylla parvient à faire le portrait d'un individu, Rachid, considéré par les Touaregs comme un prince et ami des enfants. Ses photographies racontent une biographie qui passera par des voyages à travers les frontières, plusieurs amitiés et une passion amoureuse avec Odette de Puigaudeau.

Comme beaucoup d'autres images encore inédites, les photographies d'Ylla donnent à l'animal un statut d'individu qui aujourd'hui, dans une société de masse et de massacre, peut sembler incompréhensible et même répréhensible. Il faudra imaginer de nouveaux livres, capables d'indiquer aux enfants de quelles fraternités animales on les prive. Si la vie parmi les hommes devient ce jeu misérable que nous montrent les images fabriquées pour fournir aux journaux, il faudra indiquer aux enfants d'autres joies, et réapprendre pour commencer la ferveur animale.

 

Commentaires

Dans un livre des PUF de Lille intitulé Le visage, il y avait un article de la philosophe Françoise Armengaud dont le titre était : le visage animal : bel et bien un visage.

On reconnaît le visage d'autrui quand on cesse de le considérer comme un objet ?

Il parait que les scientifiques n'arrivent plus à commettre des expérimentations provoquant de la souffrance sur un singe à partir du moment où ils lui ont donné un prénom. Sans doute parce qu'ils voient enfin son visage ?

Écrit par : é | 17/10/2009

Et Lévinas ? Au fil de sa pensée sur le mystère du visage, est-ce qu'il interrogeait lui aussi le visage animal ?

Écrit par : Tieri | 17/10/2009

La première chose, c'est qu'on n'a jamais autant tué d'animaux qu'aujourd'hui, on n'en a jamais autant exploités. Jamais la condition des animaux n'a été aussi dure. Ce sont par milliards qu'ils sont enfermés dans les bâtiments d'élevage, abattus à la chaîne tués par balle, par poison ou par piège à la chasse, pêchés, capturés pour leur fourrure ou leur "exotisme", utilisés dans des laboratoires, dressés et mutilés dans les cirques, abrutis de solitude dans les zoos…
L'urgence grandit. Car nous avons désormais les moyens scientifiques et techniques d'obtenir d'eux toujours plus: plus de viande, plus de lait, plus de connaissances scientifiques, plus de tout… Le monde animal est exténué. L'homme est en passe d'éradiquer les derniers animaux libres, au profit d'un stock à gérer apte à répondre à tous nos besoins, y compris les plus futiles. Le fait est là.

Écrit par : Florence Burgat | 18/10/2009

C'était étrange, je me souviens dU jour où j'ai découvert cet endroit. Et suis tombée sur ce post.
J'étais la veille dans le grenier de mon père décédé, j'étais là, au milieu de tous ses livres et j'en ai ramené, forcément, j'en ai ramené...
Il y en a un, justement, "Animaux des Indes" d'Ylla...
Et me suis souvenue des pages tournées enfant...
De la retrouver là m'a fait ce trouble que provoquent les coïncidences..

Je vais venir et revenir ici, tout m'y touche...

Écrit par : Marie | 12/11/2009

Marie on peut courir les rues et ramener des images pour traverser la nuit. Les mots de Chris Marker au début de Sans soleil c'est vrai, je les avais oubliés. Pourtant ils parlent aussi des images qu'Angelle fait des enfants, de celles qu'Elodi Laurent a ramenées du Mali ou encore de celles qu'Estelle Dougier prend des enfants dans la nuit.

Et dans l'extrait vidéo que vous mettez en ligne, Marie, il y a l'idée de l'égalité du regard. Et je pense à ces phrases d'ivrognes qu'avec Alejandro on échangeait après avoir photographié l'enfant tchétchène : les républiques ne marchent pas, elles se déglinguent et se dévoient alors vive la république et inventons vite la république des photographes - une si petite république - EGALITE ABSOLUE DES REGARDS - LIBERTE ABSOLUE DES IMAGES - FRATERNITE DES FABRICANTS-PHOTOGRAPHES AVEC TOUS CEUX QUI ONT BESOIN D'UNE IMAGE POUR CONTINUER A COURIR LES RUES LA NUIT.

Il y a des jours où les saoulographies ressemblent à une récolte inespérée qu'on partage avec oiseaux immigrés et chevaux vagabonds. Marie, chère Marie je vous invite à boire le vin qui rend fou des images. J'ai appris, mais vous le savez, que la beauté se partage.

Écrit par : Tieri | 13/11/2009

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