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22/10/2009

Le voyage sentimental

Araki_copy.jpgChers lecteurs.

Je n'en peux plus, et ce n'est pas parce que je souffre de diarrhée chronique ou d'otite. C'est seulement parce qu'il y a trop de photographies de mode autour de nous et que je ne supporte pas ces visages, ces corps nus, ces morceaux de vies privées et ces décors qui ont tous l'air aussi faux. Ce livre est différent de ces photographies truquées. Ce Voyage sentimental est un symbole de mon amour, le dessein d'un photographe. Je ne dis pas que ce sont des clichés vrais, simplement parce que je les ai pris pendant ma lune de miel. Mon point de départ en tant que photographe, c'était l'amour et je venais justement de commencer à travailler à partir de l'idée de watakushi-shôsetsu. Toute ma carrière, j'ai suivi la voie du watakushi-shôsetsu. Je pense que c'est le watakushi-shôsetsu qui est le plus proche de la photographie.

Araki. Préface à Senchimentaru na tabi (Voyage sentimental), 1971.

« En japonais, shôsetsu signifie « roman». Et watakushi veut dire « je ». C'est du moins l'un des nombreux mots dont dispose cette langue pour y servir  comme pronom personnel de la première personne du singulier. Littéralement, watakushi-shôsetsu devrait se traduire ainsi par « roman du je ». C'est-à-dire plutôt : « roman personnel », «autobiographique », ou encore, et si l'on veut user d'une catégorie critique tout à fait anachronique et exotique par rapport à son objet, « autofiction ».

Philippe Forest, Araki enfin - L'homme qui ne vécut que pour aimer. Gallimard, 2008.

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