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30/10/2009

Apprentissage

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Terek le long du fleuve, Arles, septembre 2009

J'apprends, autant qu'il se peut je réapprends même à marcher dans les villes. Après les forêts, le causse inhabité, la solitude des combes et des cavernes à l'écart il y a aujourd'hui les avenues vers le sud, la marche au milieu des voitures, l'approche des animaux perdus sur un coin de trottoir, chiens errants, mouettes et pigeons à la dérive. Et puis je réapprends la proximité d'un fleuve, le Rhône immense au milieu d'Arles, ce méandre vers le nord où les vieilles rues viennent se lover : courbes dans la courbe du fleuve.

La ville ici est un creuset pour les images, un creuset fabuleux. C'est là qu'elles s'accumulent, se montrent puis se recouvrent. Une amnésie opère autour des murs, traces de peinture, figures naissant dans la rouille, les yeux ne voient plus rien, puis réapprennent eux aussi à regarder un visage, à approcher les yeux d'autres yeux qui regardent.

27/10/2009

Zoran et la peinture

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Gare venezia.JPGAvec le vent le soir devient rose et sur la terrasse, j'observe les jeux du crépuscule en sirotant la grenadine des enfants. J'ai ramené dans mon sac le dernier livre offert à Madeline, roman d'amour qui me parle de Venise et de Zoran Music, un peintre qui a vécu là-bas les dernières années de sa vie, rescapé de Dachau.

A l'atelier des Beaux-Arts où j'apprenais la peinture à Paris, Zoran Music était venu nous parler de ses couleurs, presque aussi pâles qu'un vieux drap lavé trop souvent quand il sèche au soleil :zoran_music.jpg «J’aurais voulu que la lumière sorte de la toile», expliquait-il. Sa voix tremblait de vieillesse mais je me souviens de la phrase pour l'avoir notée dans un carnet d'atelier, puis répétée à Marcelin qui écrivait son livre sur Giorgone, et enfin pour l'avoir recopiée vingt ans plus tard dans le livre de Théo. Et je commence seulement à comprendre, à pénétrer maintenant la phrase du très vieux peintre. Zoran Music utilisait l'acte de poser la couleur comme une méthode de désenvoûtement.zm.gif Il tremblait à chaque coup de pinceau, il lui fallait désactiver la hantise des images ramenées de Dachau, ces visages émaciés de déportés où l'on pouvait deviner le masque du cadavre qu'ils allaient devenir. Seule Venise, le livre de Madeline raconte les dessins du charnier de Dachau, puis la tentative de peindre l'extrême civilisation vénitienne après la barbarie : la couleur qui poudroie sous les yeux,  l'architecture envahie d'eau, l'aqua alta comme une menace qu'on traverse malgré tout. Dans Venise les chats se cachent et Zoran peint. Il ne sait pas comment faire autrement. Et sa peinture, racontée dans le roman de Claudie Gallay, permet peu à peu de réapprendre à aimer.

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Zoran Music, Venezia, 1979.

D'accord je continue mon chemin, je n'irai pas demain à Venise - David excuse-moi - mais je vais reprendre la peinture - David merci de ta lettre au sujet des objets Am, et je cherche mes mots. Demain j'irai peindre à nouveau, amoureux fou de la marchande de livres pour enfants, amoureux des yeux bleus de l'eau vive je veux retrouver le plaisir des couleurs. Comme dans cette toile - V O R - dont tu m'as envoyé la photo, peinte à l'automne 1990 avec Théo dans son couffin à l'atelier près de moi : Il s'endort la toile est blanche, il se réveille la toile est peinte. Je l'avais presque oublié: ses yeux quand il les rouvre et reste à regarder l'image apparue. Après demain, quand les enfants reviendront de vacances je partagerai la peinture avec eux : broyer les couleurs, mélanger l'huile de lin au baume de Venise et à l'essence de Térébenthine, charger le pinceau et déposer la couleur à l'intérieur de la couleur. David, Sandrine, Edith, Anne et Titan vous viendrez voir les tableaux ?



Tieri Briet, Eotham V O R, 1990.

26/10/2009

Lettre à celle qui s'en va

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Claire Castillon photographiée par Patrick Swirc

PSMask.jpgIl est photographe et la femme qu'il aime vient de s'en aller. Elle est écrivain et les portraits qu'on connaît d'elle, ce sont ceux de Patrick Swirc, plusieurs photos où se devine le sentiment amoureux, la fascination pour un visage aux yeux de louve. Le pire je crois, c'est qu'elle écrit des romans d'amour, qu'elle y parle souvent de désir et de sexe, avec des phrases qui donnent envie. Le pire c'est qu'un photographe peut prendre les mots de l'amoureuse comme une épreuve impossible, une espèce de torture dont il secrète lui-même peu à peu le poison en images. Alors, dans la douleur d'une solitude forcée, en somnambule il écrira à celle qui est partie. Quelques phrases à peine jour après jour, et chaque jour une autre photographie.  Pendant presque deux mois, pour raconter la vie sans elle. De la photogaphie amoureuse, comme un langage dont on s'empare pour affronter l'absence, et parler envers et contre tous à celle qui est partie. L'ensemble de ce journal photographique avait été montré aux Rencontres d'Arles en 2008, une projection d'images avec la voix de Patrick Swirc. C'est un travail qu'on n'oublie pas.






Patrick Swirc, Lettre à Claire, 13 octobre

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Patrick Swirc, Lettre à Claire, 14 octobre
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Patrick Swirc, Lettre à Claire, 19 octobre
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Patrick Swirc, Lettre à Claire, 3 novembre

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Patrick Swirc, Lettre à Claire, 18 novembre

D'autres photos de Lettre à Claire sur Café mode.

22/10/2009

Le voyage sentimental

Araki_copy.jpgChers lecteurs.

Je n'en peux plus, et ce n'est pas parce que je souffre de diarrhée chronique ou d'otite. C'est seulement parce qu'il y a trop de photographies de mode autour de nous et que je ne supporte pas ces visages, ces corps nus, ces morceaux de vies privées et ces décors qui ont tous l'air aussi faux. Ce livre est différent de ces photographies truquées. Ce Voyage sentimental est un symbole de mon amour, le dessein d'un photographe. Je ne dis pas que ce sont des clichés vrais, simplement parce que je les ai pris pendant ma lune de miel. Mon point de départ en tant que photographe, c'était l'amour et je venais justement de commencer à travailler à partir de l'idée de watakushi-shôsetsu. Toute ma carrière, j'ai suivi la voie du watakushi-shôsetsu. Je pense que c'est le watakushi-shôsetsu qui est le plus proche de la photographie.

Araki. Préface à Senchimentaru na tabi (Voyage sentimental), 1971.

« En japonais, shôsetsu signifie « roman». Et watakushi veut dire « je ». C'est du moins l'un des nombreux mots dont dispose cette langue pour y servir  comme pronom personnel de la première personne du singulier. Littéralement, watakushi-shôsetsu devrait se traduire ainsi par « roman du je ». C'est-à-dire plutôt : « roman personnel », «autobiographique », ou encore, et si l'on veut user d'une catégorie critique tout à fait anachronique et exotique par rapport à son objet, « autofiction ».

Philippe Forest, Araki enfin - L'homme qui ne vécut que pour aimer. Gallimard, 2008.

Alix Cléo Roubaud, revoir les photos et relire son journal

Encore une bonne nouvelle au sujet d'Alix Cléo Roubaud : Aujourd'hui 22 octobre paraît au Seuil la réédition de son Journal, en même temps que Le Grand Incendie de Londres de Jacques Roubaud qui regroupe l'ensemble des textes écrits autour de son Grand Projet, lui-même détruit après la mort d'Alix Cléo en 1983.

Plusieurs manifestations sont par ailleurs organisées à Aurillac, autour de La chambre (noire) :

Au Musée de la photographie d'Aurillac, exposition de plus de soixante photos d’Alix Cléo Roubaud
( 21 octobre - 18 décembre ). Le film de Jean Eustache, Les photos d’Alix, sera diffusé en continu dans le cadre de l'expo.
Au moins trois dates à ne pas oublier :

  • le 5 novembre 18H, vernissage de l’exposition en présence de Jacques Roubaud.
  • le 6 novembre 20H45, création de La chambre (noire)-format polaroïd et intervention de Jacques Roubaud.
  • le 15 décembre 20H45, représentation de La chambre (noire)-format panoramique au théâtre.

Alix Cléo Roubaud tu nous manques

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Générique du film Les photos d'Alix, de Jean Eustache

Bonne nouvelle : Le court-métrage de Jean Eustache, Les photos d'Alix, est consultable en ligne sur le blog Les avant-dernières choses. Le film enregistre un dialogue très simple où Alix-Cléo Roubaud explique ses photos à Boris Eustache, qui joue le rôle du néophyte adolescent.  Peu à peu, l'écart se creuse entre les photos montrées et le commentaire qu'en donne la photographe :

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"Vertigo", photogramme extrait du film Les photos d'Alix, de Jean Eustache

Boris Eustache : Cette photo s'appelle Vertigo ?

Alix-Cléo Roubaud : Oui enfin ça s'appelle Vertigo pour des raisons purement anecdotiques, parce que j'ai vu Vertigo après avoir pris cette photo, c'est-à-dire la même après-midi mais enfin il n'y a pas beaucoup de rapport, sauf que je souffrais de vertiges assez aigus en la prenant, j'avais beaucoup bu, comme cette bouteille était à peu près vide, et enfin l'histoire est très étrange, l'histoire de la prise est assez particulière.

B.E. : Tu veux bien me la raconter ?

A-C. R. : Elle est fort obscène. J'étais en posture embarassante avec un ami qui... J'ai allumé une cigarette et il m'a dit : "Tu allumes une cigarette en ce moment, dans ces circonstances comme les putes d'Amsterdam" et j'ai dit "Oui, pourquoi pas, et puis non seulement je peux allumer une cigarette mais je veux prendre une photographie, alors j'ai pris cette photographie. Et il faisait très chaud, ce que j'ai essayé d'indiquer par ce coloriage maladroit à vrai dire... maladroit mais comme quoi une photographie peut être personnellement pornographique tout en étant publiquement décente. N'est-ce pas ?

Les photos d'Alix reste le dernier film qu'aura réalisé Jean Eustache, en 1980, peu de temps avant de se donner la mort.

LES PHOTOS D’ALIX
de Jean Eustache - Avec Alix Cleo-Roubaud, Boris Eustache - 1980 / 19min / Tamasa Distribution

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19/10/2009

Les chambres de Lucie Pastureau

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Hôtel Eiffel Park © Lucie Pastureau

Lucie Pastureau est une photographe qui écrit. Des textes qui racontent une histoire, l'ébauche d'un récit pour accompagner ses photos quand elle les expose. Pour renforcer l'image d'un homme nu dans une chambre d'hôtel, elle a écrit Les chambres et c'est un texte qui me touche, un texte d'écrivain.

Les chambres

Enfant, la chambre trop petite, les habits, les livres et les jouets sur le sol, et la menace que tout ça passe par la fenêtre ; puis, les tas de vêtements sur le parquet, et ceux en boule dans les placards

La chambre de l’après-midi au retour du lycée, plusieurs mois de caresses avant d’accepter

Celle de la première fois, et l’ascension de l’échelle pour accéder au lit, son regard posé sur moi, derrière, la brûlure entre les cuisses, puis le pantalon qu’on renfile, serré, trop serré
Et plus tard, d’autres nuits, le bruit de ses parents qui font l’amour, alors que je n’ai plus de désir

Une couchette dans un cagibi au ski, la sensation d’avoir été forcée, les larmes aux yeux

Celle du bord de mer, l’amour tout bas, étouffé, pour ne pas être entendus

A l’hôtel, un moment tant attendu. Et l’amour impossible, le corps qui s’y refuse, malade

Celle du deuxième amour, presque adultère, le lit posé au sol, une de ses chemises sur ma peau nue, le bruit de la rue en bas, à travers les volets en bois

Chez une amie absente, deux fois de suite l’amour, je pleure la première fois et lui la deuxième

Toutes celles partagées, avec la fièvre du désir d’être enfin seuls à deux, les mains qui démangent

Celle dans laquelle je reviens, après l’accident, défigurée, l’amour dans un acte désespéré pour effacer les marques de mon visage, la tête tournée

Et, la chambre que l’on ne veut plus quitter, pour rester encore, dans le retrait du monde


18/10/2009

Apparition des enfants

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Image avalée par le vent qui se lève, et sept jours de Mistral : Les enfants ici découvrent le mot et apprennent le vent froid qui s'acharne. L'enfant de Jules Vallès que je voudrais leur lire un peu le soir. L'apparition des enfants dans le travail des images.
Avec le vent l'idée d'un ciel femelle qu'on touche du front et des lèvres en marchant, un ciel capable d'accoucher d'un torrent au milieu du vallon.
En marchant surviennent les idées, qui disparaissent au tournant si on ne prend pas l'habitude de noter. Alors j'écris, ébauches de poèmes et trucs à faire d'ici demain. Trois ou quatre carnets dans la saccoche où je range mes papiers, ceux que les flics réclament quand ils me croisent avec l'allure d'un sdf. J'écris tout depuis la phrase de Savitzkaya lue dans quel livre, Un fou trop poli ? « Ce qui n'est pas écrit ne le sera jamais. » Merci Eugène. Il y a des phrases qui aident à traverser.

L'autre journal, ancien laboratoire de photo-littérature. Chapitre I

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d'après Tomàs Borge (ministre de l'intérieur du Nicaragua)
© Giuliana Poletto & L'autre journal, mai 1990

Avec quoi nous durons, depuis l'enfance, avec quoi nous pensons,
et tous ces mouvements aussi que nous avons faits, hésitations d'amitié ou les emportements d'amour,
avec quoi nous souffrons, depuis l'enfance, avec quoi nous dormons,
et toutes ces fièvres qui nous ont traversés, tremblements de nos membres et notre souffle d'origine à jamais perdu,
avec quoi nous jouons, depuis l'enfance, avec quoi nous attendons, mélancolies recommencées et la solitude -, une eau où ne rien regarder, un ressassement, avec quoi nous inventons, depuis l'enfance, avec quoi nous travaillons, peu de bruits, peu de couleurs, et ces phrases mal écrites où nos mains cherchent à s'enterrer,
avec quoi enfin nous retournerons dans l'enfance, dernier repliement,
la parole et le reste.

L'autre journal N°1, mai 1990, Epilogue, p. 349.

Petite brouette de Terek le Tchétchène

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L'enfant du peuple Our dort encore quand j'écris. Dans son sommeil il a parlé et répété le mot papa, et sa respiration d'enfant dans la nuit est une présence qui apaise. Dans son sommeil et dans la vie, il porte ce nom d'un fleuve en Tchétchénie et aime tirer à l'arc, comme autrefois les bandits et les chasseurs du Caucase. Mais depuis l'été, il marche dans les rues d'Arles avec autour du cou un appareil photo trop lourd, le vieux Canon avec lequel nous avions fait, il y a 5 ans maintenant, les premiers livres d'Où sont les enfants ?

Pendant ces cinq années, des milliers d'images racontent  l'histoire de l'enfant Our et ses voyages, à commencer par ce périple interminable jusqu'à la mer avec Oscar, le vieux poisson  découvert au fond de son frigo. Petite brouette de survie continue, à cause de son esprit d'aventure, à cause de son envie de voyages le livre ne s'arrête pas.

Terek entretient avec ce livre une relation étrange. Il est devenu cet enfant qui veut s'aventurer, ami des animaux et explorateur de rivières. Son deuxième prénom, Folco, le lie d'autant plus à cet enfant noir et blanc qui, dans Crin-Blanc, devient l'ami du cheval pour échapper aux mensonges des adultes. 248.jpg
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17/10/2009

Légendaire Ylla

YLLA-LANDAU.jpgEn explorant le travail d'Ylla, je découvre quelle légende accompagnait à la fin de sa vie ses images. Ylla n'était pas l'inventrice de la photo animalière, mais en photographiant certains animaux elle leur donnait un visage. La différence est assez considérable, irréductible, humiliante aussi pour tous ces photographes qui transformèrent l'existence animale en surproduction d'images et d'ennui. Il faut des allumées, des aventurières capables de sauvagerie et d'amitié animale, prêtes aux passions et au danger pour accomplir la métamorphose d'une vision des sentiments animaux.guépard.jpg

En photographiant un guépard, Ylla parvient à faire le portrait d'un individu, Rachid, considéré par les Touaregs comme un prince et ami des enfants. Ses photographies racontent une biographie qui passera par des voyages à travers les frontières, plusieurs amitiés et une passion amoureuse avec Odette de Puigaudeau.

Comme beaucoup d'autres images encore inédites, les photographies d'Ylla donnent à l'animal un statut d'individu qui aujourd'hui, dans une société de masse et de massacre, peut sembler incompréhensible et même répréhensible. Il faudra imaginer de nouveaux livres, capables d'indiquer aux enfants de quelles fraternités animales on les prive. Si la vie parmi les hommes devient ce jeu misérable que nous montrent les images fabriquées pour fournir aux journaux, il faudra indiquer aux enfants d'autres joies, et réapprendre pour commencer la ferveur animale.

 

16/10/2009

YLLA & LES ENFANTS DU PEUPLE SINGE

YLLA1911-1955.jpgElle photographiait les animaux et depuis longtemps, elle avait décidé d'en faire son métier, même si ça n'intéressait personne à Paris. Elle arrivait d'Autriche et cohabitait dans une chambre de bonne avec les animaux qu'elle prenait en photo. L'odeur de ménagerie impressionnait, qu'Ylla oubliait à force d'y vivre.

C'est en 1931 qu'elle arrive à Paris, où elle étudie la sculpture à l'académie Colarossi tout en travaillant comme assistant-photographe auprès d'Ergy Landau. C'est gâce à elle qu'elle fera sa première exposition l'année suivante, à la Galerie de La Pléiade, avant d'ouvrir son propre studio de photographie animale et d'entrer à l'agence Rapho.

En 1938, elle publie Petits et Grands avec un texte d'André Demaison, puis un livre avec le biologiste anglais Julian Huxley, Animal language qui inclue deux enregistrements de cris animaux.

Le cinéaste Jean Painlevé l'a rencontrée à plusieurs reprises, impressionné par ses portraits d'animaux. C'est lui qui raconte qu'en 1940, venant de perdre son ami journaliste face aux nazis, elle voulait tuer Daladier et le cherchait dans Paris. Plus tard, elle vécut sans argent à New York et partagea un atelier avec Tana Hoban. Du jour au lendemain, elle passa de la pauvreté à la célébrité après avoir été attaquée par le panda qu'elle photographiait. Les magazines américains qui refusaient ses photographies publiaient son portrait en première page et peu à peu, le nom d'Ylla allait devenir celui d'une légende.

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