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06/11/2009

La photo comme une arme

Heartfield_5_Fingers-1928.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5 fingers, Photocollage, 1928 © John Heartfield

Pas de doute, JOHN HEARTFIELD est un sacré bonhomme. Il a mené, contre Hitler, une espèce de guerre par les images, un conflit de basse-intensité qui a réussi à détourner quelques belles âmes des sirènes du nazisme. Entre 1930 et 1938, il a réalisé plus d'une centaine de collages publiés dans la revue AIZ (Die Arbeiter-Illustrierte-Zeitung), ainsi que des couvertures d’ouvrages, de revues et de tracts, conçus ou illustrés par l’artiste pour les éditions Malik (Berlin). L’essentiel du fonds est actuellement conservé dans la collection de l’Instituto Valenciano de Arte Moderno en Espagne (IVAM). Aux documents édités s’ajoutent douze photomontages originaux appartenant aux collections de l’Akademie der Künste à Berlin.

D’abord acteur du très politique groupe dadaïste de Berlin avec son frère Wieland Herzfelde, fondateur des éditions Malik, et George Grosz, John Heartfield s’illustre rapidement dans le genre du photomontage qu’il inscrit dans la grande tradition satiriste. Témoin des crises successives qui secouent la République de Weimar jusqu’à l’arrivée du nazisme, il dénonce, par le biais de l’organe communiste AIZ, les compromissions politiques et les coups de force qui amenèrent Hitler au pouvoir.

Parallèlement, John Heartfield mène une véritable guerre de communication contre l'obscurantisme et la propagande nazie, désignant avec virulence les atteintes successives aux libertés et aux personnes. Ses positions lui valent d’être menacé, puis contraint à s’exiler pour Prague en 1933, comme de nombreux artistes et intellectuels. Il continue toutefois de livrer régulièrement ses photomontages pour l’AIZ, qui se voit rebaptisé VI (Volks Illustrierte) en 1936. L’annexion de la Tchécoslovaquie en 1938 signe l’arrêt de mort de la revue et contraint Heartfield à un second exil vers Londres.

J.Heartfield.jpgDepuis son adhésion au Parti Communiste Allemand en 1919, Heartfield n’a cessé de servir la cause révolutionnaire, mettant l’ensemble de sa production artistique au service du combat politique sous le slogan :" Utilisez la photographie comme une arme ! ". Une arme qu’il dirige contre l’ordre nazi avec un talent qui le place aussi bien aux côtés des plus grands caricaturistes comme Daumier que parmi les pionniers des avant-gardes artistiques. Ses œuvres n’ont rien perdu de leur puissance évocatrice et beaucoup d’entre elles ont acquis une valeur de symbole universel de la lutte contre l’oppression.

L’exposition des oeuvres de John Heartfield à Strasbourg, au musée d'art moderne en 2006 a été l'occasion de voir des œuvres connues et largement diffusées mais très rarement exposées en France. Elle a contribué à la connaissance de cet artiste majeur, en rendant compte d’une œuvre dont l’influence est considérable, mais aussi d’une figure qui constitue un modèle de l’artiste engagé.

L’exposition était accompagnée d’un catalogue rempli d'images rares ou inédites, regroupant les travaux peu connus de David Evans, Carlos Pérez, Emmanuel Guigon, Franck Knoery et Michael Krejsa ainsi que des écrits de Heartfield, traduits pour la première fois en français.

Et pour les curieux, plein d'autres images de John Heartfield dans les zones de photolittérature.


Photocollage © John Heartfield

Commentaires

Photo ? oui , choppe !

Écrit par : Cactus | 10/11/2009

Non cactus. En 1928 juste de la colle et des ciseaux pour tailler dans l'image.

Écrit par : Taraf Zelie Bordela | 10/11/2009

Les commentaires sont fermés.