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19/11/2009

Supermother ma maman

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EzbietaJablonskaSuperMother2.jpgDans la série photographique « Home-Games » d'Elzbieta Jablonska, le Superman devient une Supermother, pour qui les actes héroïques quotidiens consistent à être une femme au foyer, à élever des enfants, avoir un travail, être une mère, une épouse, une gouvernante, une maîtresse, une amie, une employée et une femme séduisante, tout ça en même temps. et tous les jours. Ces nombreux rôles assignés aux femmes modernes sont souvent contradictoires et exigent des capacités surhumaines d’exécution simultanée, frôlant le miracle si on y pense. Bien que ce soit les Supermothers plutôt que les Supermen qui fassent tourner le monde, leurs efforts sont à peine détectés. Leurs actes, n’étant pas du tout spectaculaires ni mémorables, sont en plus effectués à la maison, dans la vie tout à fait quotidienne, quasi invisibles aux yeux des hommes qui n'en parleront pas. Et ce travail me touche, parce que derrière la mascarade il y a une vérité sexuelle que l'art ne dit pas d'habitude, pas souvent, pas avec cette intelligence. Cette vérité nos enfants la connaissent. Leurs mères sont des femmes magnifiques, des femmes qui courent  la nuit avec les loups pour éviter de dépérir, mais qui le jour exécutent mille basses besognes en essayant de tenir la longueur.

« Supermother attire les enfants parce que c'est une vision inspirée par mon fils,» explique Elzbieta J. Une maman met en scène le regard que son enfant peut porter sur elle, et ça donne des images qu'on ne voit pas ailleurs, conçues dans la complicité d'un enfant et de sa maman à lui qui est aussi artiste, trafiquante en images, révélatrice en zones d'ombres.

Elżbieta Jabłońska encore : « Ordinary everyday affairs are usually a very compelling area of work. I have a private but rather popular theory that the very decision to get up in the morning is a heroic deed. I'm fascinated by cycles, the repeatability of everyday actions, and apparent boredom that we must humbly accept. »


Commentaires

Oh, je découvre ton blog, qu'il est riche !

Écrit par : Aurèle | 19/11/2009

Bonjour Aurèle,
bienvenue à toi.

Écrit par : T. | 19/11/2009

"L'homme ignore ce qui se passe. C'est même sa fonction, à l'homme, de ne rien voir de l'invisible. Ceux parmi les hommes qui voient quand même, ils en deviennent un peu étranges. Mystiques, poètes, ou bien rien. Etranges. Déchus de leur condition. ils deviennent comme des femmes, voués à l'amour infini. " (Bobin)

Écrit par : Marie | 19/11/2009

Tiens, encore un fou! Tant mieux! :)

Écrit par : depluloin | 19/11/2009

C'est tellement vrai ce que vous dites sur les mères et l'impossible défi que nous tentons pourtant de relever jour après jour.

Écrit par : Frédérique M | 20/11/2009

Il n'est pas tout à vrai que les efforts des mères ne sont pas reconnus : 1/ il y a la fête des mères, ne pas l'oublier 2/ et puis aussi ce moment où, venant d'avaler un morceau de boeuf bourguignon ou de tout autre plat à préparation longue, l'homme dit : "Ma mère le cuisinait drôlement bien." en fermant les yeux pour mieux se remémorer ce merveilleux souvenir.

Écrit par : Fils Gibi | 20/11/2009

Marie, les mots de Bobin, j'aurais pu les donner à la femme que j'aime si elle ne s'était pas enfuie comme une voleuse dans la nuit. Mystiques, poètes ou bien rien. J'hésite encore entre les deux dernières solutions.

depluloin je vois bien à quelle confrérie vous voulez me rallier. Mais pas question. Il y a par ici une tribu, primitifs en position d'entraver et ça suffit à mes nuits.

Frédérique j'en conclus - première personne du pluriel - que vous êtes mère, ce qui avec la charge d'écrivain commence à faire beaucoup. Les mères veilleuses sont appelées à être couronnées par le poète amoureux.

Quant au fils Gibi sa reconnaissance m'impressionne. Les ventres se souviennent parfois des ventres où ils sont devenus ventres. C'est d'ailleurs infini, vertigineux et presque monstrueux la nuit quand on y pense.

Mais sinon oui. On aime vous lire Marie, Bobin, depluloin, Frédérique et Gibi on aime ça vous croiser par ici. A bientôt.

Écrit par : Le taraf bordela | 20/11/2009

Alors là, je bois du petit lait. Je pense en effet que le véritable héroïsme c'est cette bataille au quotidien pour défendre contre l'entropie la scène de notre vie ordinaire. Et il est vrai que nous souffrons souvent de l'indifférence, voire de la négligence, pire du mépris où sont tenus nos efforts. Merci à un homme de relayer ce discours et ces images empreintes d'humour ce qui ne gâte rien

Écrit par : Zoë Lucider | 21/11/2009

Je connais pas mal d'hommes seuls avec leurs enfants : la même situation, peut-être encore moins de compréhension. Les pères pélican.

Écrit par : Axel R | 03/12/2009

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