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15/12/2009

Amoureux, amoureuses de si loin

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( Je ne sais rien de cette image.
Elle vient d'Alma Soror, c'est tout ce qu'on sait.
Pas grand chose et aussi le Maroc comme décor )

TIERI :
Tu crois qu'on va mourir
A quoi ressemblent tes amoureux edith ?

ÉDITH :
Mes amoureux ressemblent à des frères d'ailleurs. Ils ont des longues jambes, des longs bras, des voix graves et des visages qu'on ne distingue pas très bien. Seuls leurs yeux brillent. Ils ne mangent pas, ils ne dorment pas, ils marchent sous la pluie. Ils ne lisent plus rien car ils ont appris tous les livres par coeur, comme dans Fahrenheit. Ils m'entourent, marchent autour de moi, armée d'amants qui me protègent du monde réel et des coups bas. Ils n'ont pas de maisons, mais des vaisseaux spatiaux. Ils surfent dans le ciel. Ils aiment mes écritures et mes danses. Ils ressemblent à des Peter Pan d'un autre monde, d'un autre temps, un temps qui vient lentement, lentement, ils ont un temps d'avance.

Ils sont géographes, astrophysiciens et chevaliers. Ils viennent de nulle part, ou plutôt, de si loin que l'on ne sait plus le nom de leur pays d'origine et ils savent parler aux poissons. Ils aiment les sonorités du monde, les bulles d'eau, les ballons que les enfants envoient dans le ciel après la fête. Ils me donnent leurs desserts.
Ils sont plus fidèles que la fidélité, plus aventureux que l'aventure. Je soupçonne certains d'entre eux d'être des femmes déguisées. Je m'en fiche.

Commentaires

Je vais relire Fahrenheit 451, roman de mon cher Bradbury dont je ne pensais pas qu'il fut de vos lectures. Je n'ai pas compris la première phrase, "tu crois qu'on va mourir".

Ecrit par : Effervescence 23 | vendredi, 11 décembre 2009

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Une autre réponse, à une autre question, du même style, du même Tieri, ici: http://almasoror.hautetfort.com/archive/2008/11/06/repons...

J'aime Bradbury, j'ai une vieille cassette où on l'entend réciter d'une belle voix de vieillard ses chroniques martiennes. Je ne vous ai toujours pas démasqué Effervescence 23. Vous êtes effervescent, certes. Vous êtes 23, assurément. Mais qui êtes-vous ?

Ecrit par : Édith | vendredi, 11 décembre 2009

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Ces amants sont dans le désert ?

Ecrit par : David nathanaël Steene | vendredi, 11 décembre 2009

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C'est une photographie prise lors de l'indépendance du Maroc.

Ecrit par : Édith | vendredi, 11 décembre 2009

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Une armée de Peter Pan comme amants, c'est très immâture. Sil y a en plus des femmes déguisés parmi eux, là il faut vraiment faire une psychanalyse.

Ecrit par : Philippe RMO | vendredi, 11 décembre 2009

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L'immaturité est un droit qu'on refuse déjà aux enfants. Laissez au moins ce droit aux femmes, aux artistes & aux écoterroristes. Merci pour eux.
Et puis l'accent circonflexe sur IMMATURE n'était pas nécessaire.
Laissons l'orthographe aux Clercs de Notaire, svp rmo.

Ecrit par : Capitaine du Taraf anti-barbelés | mardi, 15 décembre 2009

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D'avance merci RMO et j'aime aussi les duels, la castagne à toulouse et la baston quand c'est le SCALP qui l'organise.

Ecrit par : Capitaine du Taraf anti-barbelés | mardi, 15 décembre 2009

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Oh putain RMO, laissez la psychanalyse aux maladies de l'âme.
Et je vous souhaite des amants magnifiques.
Sodomites ou pas peu importe si c'est du love, du romanesque, du sentiment qui bande.

Ecrit par : Taraf général, faction de nuit | mardi, 15 décembre 2009

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Maururu Edith
Ces mots là, sont une promesse
Toute une armée de Peter Pan, au creux desquels jamais perdue
Un Mana qui en dit long...
Faitoito à Vous

P.S : Monsieur RMO, ..si vous vouliez, juste une fois, déplier..votre pantalon!

Ecrit par : Titaina en line | mardi, 15 décembre 2009

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10/12/2009

La lettre & les photos de Marie

marieP.jpgMarie m'écrit et ses lettres me parlent. «Je pensais à Tanger en rentrant, à Mohamed, croisé là-bas, qui me racontait 22 fois les bateaux, les cales, 22 fois refoulé et cela lui était égal parce qu'il était sûr d'y arriver un jour. Je pensais au numéro que je lui ai laissé, au cas où, et puis jamais eu de nouvelles.


Et puis justement ce matin, une dépêche de rien du tout : « Le corps d'un jeune clandestin d'origine africaine a été découvert dans les quartiers nord de Marseille par un routier qui s'apprêtait à décharger sa cargaison en provenance du port de Tanger, a-t-on appris mercredi de source policière.»

J'avais les dents serrées de ceux qui sont en colère et ne savent rien faire.

« Dedans l'acier des coques les gars qu'on exporte sans vouloir le savoir»

Difficile de répondre à Marie. Est-ce qu'on peut se retrouver face à une image dont on ne comprend pas le poudroiement, ni même l'axe des perspectives ? Est-ce la trace de corps encore enfants, clandestins eux aussi ? La poudre du regard qu'on retient après l'enfance salopée à travers les frontières ?

La manière dont elle travaille la photographie, l'art fragile de la présence et de la disparition, la promesse des fulgurances tout à l'heure, si on sait juste attendre la venue des images.

Où est la photo du jeune clandestin ? Irez-vous Marie jusqu'à Marseille photographier le corps disparu ? Et connait-on seulement son prénom, son visage, son histoire à lui dans le foutoir des identités nationales ?

L'europe pue, on peut s'enfuir à Berlin ou ailleurs elle va continuer de puer d'autant plus, vers l'atlantique et la mediterranée. Elle va infecter jusqu'à leurs profondeurs. Putain on ne dira pas les noms des ordures, aux premières pages de ce débat qui sent déjà la mort dans les soutes et les cales. La france de l'identité nationale n'a pas d'autre visage que la laideur absolue de la france maintenant, l'horrible gueule des moisissures aux dents pourries, pourries dans la gueule de la haine, et pas assez de photographes pour les visages des enfants de schengen.

Ecoute Marie, Akhenaton a appris le rap à mon plus jeune fils. Dans ses chansons Terek le Tchétchène, 10 ans aujourd'hui, a appris les mots assedic et réfugié politik. Aujourd'hui Akhenaton le répète aux journaux : Dégoûté, il dit songer à quitter la France. Alors on fait quoi ? On inverse le vieux flux migratoire et on se barre d'ici photographier ailleurs ? La france pue et je peux plus la sentir. C'est ça que je voudrais répondre à Marie : Allez viens, on s'en va.

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