Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/03/2010

Les images originelles d'Andrzej Maciejewski

Praga, Czech Republic, 2005 A.jpg
Andrzej Maciejewski - Worlds
- Prague, République Tchèque, 2005

C'est un travail qui retourne aux origines de la photographie, une démarche suffisamment obstinée au fil des années pour fasciner. Pour enseigner aux enfants, Andrzej Maciejewski a mis sur pieds des ateliers Camera Obscura, destinés aux collégiens et lycéens de l'Ontario où il réside, près de Kingston. Un bel exemple d'obsession mise en partage à destination des enfants, A. M. part des lois fondamentales de l'optique pour expliquer les principes et la pratique du sténopé. Originaire de Pologne, A.M. a étudié la photographie à Varsovie avant d'émigrer au Canada en 1985, où il a fondé le Studio Klotzek, puis l'atelier Camera Obscura.
Projected-Image-in-Camera-O.jpg

28/02/2010

Quatre images

Africa_04_Jim Goldberg.jpg

Jim Goldberg, Africa 4

Si « habiter » est le propre de l’homme, alors pourquoi accepte-t-il aussi souvent l’inhabitable ?

C'est l'une des questions que pose le livre de Thierry Paquot, Michel Lussault et Chris Younès : Habiter, le propre de l'humain. C'est aussi la question que posent les montages photographiques de Jim Goldberg dans le projet « Open See » . Fragment d'un travail plus vaste encore et intitulé « The New Europeans », documentant l'exode de réfugiés victimes du trafic  organisé des humains, venus en Europe pour y refaire leur vie.

Africa_03_Jim_Goldberg500x411.jpg
Jim Goldberg, Africa 3
Bangladesh_03_Jim_Goldberg405x500.jpg
Jim Goldberg, Bangladesh 3
Greece_12_Jim_Goldberg400x500.jpg
Jim Godberg, Greece 12

25/02/2010

Avec mes yeux

01PIC_22242.jpg

couverture.jpg25 portraits d'enfants. Face à eux le photographe, Yannick Lecoq, leur a demandé de « poser devant l'appareil sans aucune expression.» Les regards ne fixent pas, accrochés au vide face à eux. Le livre s'ouvre sur deux cahiers bien distincts : Celui de gauche renferme les textes, celui de droite, les clichés. Si bien que le lecteur peut feuilleter l’un, tout en lisant l’autre, découvrant simultanément des regards enfantins particulièrement intenses et les mots qui s’y rapportent, dans leur langue d’origine, en français pour la plupart d’entre eux, mais également dans leur traduction allemande.

Les enfants des photographies vont le matin à l’école maternelle du Plessis Grammoire, un village près d’Angers. « L’instituteur souhaitait une galerie de portrait d’enfants, sans sourire, sans expression, presque des photos exigées désormais pour les documents d’identité. L’idée me plaisait » dit Yannick Lecoq.  Qui d'autre qu'un poète pour raconter le questionnement d'un visage à 5 ans ? Ils seront 29 à accepter d'interroger ce regard par les mots. Verlag im Wald, l'éditeur allemand, décide de traduire chacun des textes en allemand, ce qui donne pour finir un livre vraiment à part.

«
Les visages des enfants n’expriment aucun désir. Le photographe les a pris en photo au moment où toutes les aspirations et pulsations se sont retirées dans les angles secrets du corps ou de l’esprit. Mais les enfants ne paraissent pas moins vivants parce qu’ils retiennent ou cachent leurs émotions », précise John Taylor dans la préface du livre.

Deux extraits juste. Le premier de Mohammed El Amraoui :

ouverts / fermés, mystérieux :
Et chaque fenêtre ouverte, mais on dirait comme une bouche cousue.

Le second d'Antoine Emaz :

Mais les enfants creusent du dedans, posent le visage comme masque.

Et les 29 : Paul Badin, Hervé Bauer, Jean-Louis Bergère, Daniel Biga, Alexandra Bougé, Didier Bourda, Olivier Bourdelier, Bernard Bretonnière, Christian Bulting, Patricia Cottron-Daubigné, Christian Degoutte, Ludovic Degroote, Pierre Dhainaut, Nicole Drano Stamberg, Mohammed El Amraoui, Antoine Emaz, Claude Favre, Albane Gellé, Fred Griot, Cécile Guivarch, Roger Lahu, Thierry Le Pennec, Camille Loivier, Henri Meschonnic, Fabio Pusterla, James Sacré, Jean-Claude Touzeil, Pierre Antoine Villemaine.

24/02/2010

On peut rêver

private_moon1.jpg
Boris Bendikov & Leonid Tishkov, Private Moon, 2003-2005.

C'est une espèce de poème visuel, découvert dans l'un des livres empilés sur la table de cuisine d'Hélena. Il n'y avait qu'une image dans le livre, mais j'ai noté les noms des deux auteurs pour en chercher d'autres et j'ai bien fait. Le fait qu'ils soient russes tous les deux, qu'ils photographient un pays de neige comme s'il s'agissait du lieu d'un conte agissait comme une promesse et décuplait l'attente d'autres images.

"Private Moon" raconte l'histoire d'une passion, celle d'un homme qui rencontre la lune, lui offre du thé et des pommes puis décide de passer sa vie avec elle. Ensemble ils traversent le fleuve en bateau, jusqu'au pays des arbres où l'homme revêt les habits de son père mort.

"En passant les frontières des mondes par d'étroites passerelles, en se plongeant dans le rêve afin de protéger sa vie spirituelle, l'homme se transforme en créature mythologique qui vit dans le monde réel comme dans un conte de fées."

private_moon2.jpg
private_moon3.jpg

22/09/2009

Image d'amour

65256885.JPG
Faire une image c'est aussi un travail. Godard expliquait ça en pestant. Un travail bien fait, mal fait ou pas fait, pour reprendre les catégories de Robert Filliou. Faire une image d'amour comme d'autres fabriquent des images pornos, c'est encore un travail. Il faut inventer quelque chose qui n'existe pas, du jamais vu ou du mal vu, approcher d'une seule image à quoi il faudra bien trouver un nom s'il y a dedans du sentiment. Regarder mieux pour comprendre ce qu'on fabrique. Je voudrais faire en sorte que ça devienne mon travail. Et tant qu'à faire je voudrais autant que ce soit bien fait, alors je réfléchis, j'expérimente, je trafique comme je peux. Une image avec des verbes, chaque lettre écrite à la main et sans tirer la langue. Godard disait ça aussi, si je me souviens encore juste un peu de sa pensée qui mitraillait : Le travail ce n'est pas ce qu'on veut, c'est le contraire, le travail c'est surtout ce qu'on peut. C'est tant pis mais d'accord, mieux vaut le savoir. avant de commencer. Est-ce que je peux si je veux fabriquer vite une image d'amour, devenir ce travailleur amoureux et capable d'une image bien faite que j'aurais montrée à Filliou s'il était là. Filliou est parti et il nous manque. Mais sa République Géniale continue d'exister autant que la Tziganie : une nation sans aucun territoire, une avancée mentale à partir d'histoires et d'images qui ne pourraient plus refluer.
9029_07white.jpg
Photo © Susanna Majuri