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19/02/2010

Une photo d'Amélie

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Annie m'envoie une photo prise par une enfant que je n'ai jamais rencontrée. D'elle je ne sais que son nom. Et qu'elle a attendu l'oiseau pour prendre la photo d'une fenêtre, l'envoyer à celle qui aime autant les fenêtres que les jardins de Pierre Bonnard. Je peux retourner lire Brodsky sous la pluie, en gardant l'image d'Amélie comme écho aux questions de l'écrivain : "Qui d'autre que la mer peut regarder les cieux face à face ?"

Et les poèmes se gorgent d'eau parce qu'en marchant j'apprends leurs mots l'un après l'autre. La mésange de l'enfant-photographe me sert de boussole pour indiquer devant la première joie : au nord le vent plus tiède de février, et dans le vent l'odeur de neige encore, bien au contraire des boues où je patauge. Le livre est maintenant trempé et pèse le poids d'un animal entre mes mains. Quand je rouvre les yeux, la pluie m'explique autour le ruissellement général des luisances, l'alignement des gouttes au long des branches. Pour qui veut voir, les premières perles donnent une vision des eaux du ciel comme un fragment.