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18/04/2010

Te revoilà, déesse

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Raymonde April. "Te revoilà, déesse. ( triptyque )" 1980.
épreuves argentiques de 40,5cm x 50,5 cm

 

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Raymonde April. 1979.
épreuve argentique, 40,5cm x 50,5 cm

 

23/11/2009

In Memory of the Late Mr. and Mrs. Comfort – A Fable by Richard Avedon

 

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Pour photographier la jeune fille et la mort

Si la figure du top-model aujourd'hui incarne l'impératif de la beauté publicitaire, il faut une certain sens de la provocation et du grotesque pour la mettre en scène face au personnage de la mort. En 1995, à l'âge de 70 ans, Richard Avedon utilisa les images de ce couple infernal pour tirer sa révérence au milieu de la mode qui l'avait adulé.

Les 22 tirages de la série In Memory of the Late Mr. and Mrs. Comfort – A Fable by Richard Avedon, conçus en 1995 pour le magazine The New Yorker sont en couleur, et c'est déjà un motif d'étonnement si l'on sait que l'oeuvre d'Avedon s'est faite en noir et blanc.

Les images de la série sont visibles ici, dans l'un des albums en zone de photolittérature.

Et nous recopions cet article de Christian Caujolle, paru dans Libération en 1995, à la publication des photos dans The New Yorker.

Avedon, son requiem pour la mode

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Ce sont des photos de mode, incontestablement. Avec mannequin, coiffeur, maquilleur, studio, assistants, mise en scène, éclairages et vêtements parfaitement lisibles des plus grands faiseurs européens, américains et japonais, de JP Gaultier à Yohji Yamamoto en passant par Versace, Miyake, Gigli, Helmut Lang ou Armani, entre autres. Mais ce sont des photos de mode comme on n'en avait jamais vu : des photos qui règlent leur compte à et avec la mode.

Sur vingt-six pages, en couleurs, et en repoussant en fin de numéro les traditionnelles mentions de marque, de casting et d'équipe, The New Yorker, cette bible du chic littéraire, fait évenement là où on ne l'attendait pas. En effet, la mode n'est pas son souci principal et il n'y a que deux ans  que The New Yorker, traditionnellement enrichi de travaux d'illustrateurs et peintres prestigieux ose la "vulgarité" de la photographie. Ce fût l'une des révolutions apportées par Tina Brown, ancienne responsable de Vanity Fair, lorsqu'elle prit les rênes de la vénérable institution. Elle le fit naturellement, avec le maximum de classe, en prenant sous contrat d'exclusivité - pour le rédactionnel - Richard Avedon qui, à 70 ans, était en train de préparer sa grande exposition pour le Whitney Museum et sa monumentale Autobiography (1). On avait déjà pu voir, il y a un an, un impressionnant portfolio consacré au clan Kennedy qui était pour le moins radical et critique. En page 130 du numéro du 6 novembre commence ce qu'on nous présente comme une "fable par Richard Avedon" et qui s'intitule : A la mémoire de feu Monsieur et Madame Comfort. Ce qui explique que le protagoniste principal de ce récit, associé à la top model Nadja Auermann, soit un squelette. On pourrait penser que le procédé est un peu lourd si l'ensemble, outre son époustouflant contrôle de la forme, ne déclinait pas un ensemble de points de vue très violents qui s'en prennent tout simplement au système de la mode. Pour éviter toute complaisance, le photographe introduit son propos par une double page dans laquelle est stylisée une séance de prise de vue, face à une ancienne chambre photographique en bois dans laquelle le photographe, assis et muni d'un déclencheur souple, n'est autre que la mort en costume rayé et chapeau mou. On pourra ainsi voir, entre autres saynètes édifiantes, la mort allumant la cigarette du modèle avec des billets de cent dollars, la mort pénétrant violemment le mannequin dans un coin de porte (fuck the fashion ?), la mode attrapée au filet par la mort, la mode posant en veuve extravagante dans un univers dévasté devant une cheminée surmontée d'un crucifix desserti, la mode se mirant dans un miroir brisé qui, de l'autre côté de l'image, révèle simplement la mort pour une allégorie du futile indépassable rattrapé par l'inévitable échéance, avant un étonnant final où la mort, doigt pointé devant elle, chasse la mode vers un univers de lianes vertes. Cet exercice de style, parfaitement littéraire et qui laisse place à une seule image - sublime - de la belle jeune femme balayant, vêtue d'une robe rouge de Yamamoto, les feuilles mortes du temps, apparaît comme un règlement de comptes.

Avedon est devenu célèbre au travers de son travail pour la mode, lorsque, sous la direction d'Alexey Brodovitch, il s'imposa à partir de 1945, comme le photographe fétiche de Harper's Bazaar pendant vingt ans avant de collaborer à Vogue, Look ou Life. En 1978, une rétrospective de trente ans de mode, accompagnée d'un album qui fait toujours référence, consacrait une carrière unique et installait l'image - partielle et passablement fausse si l'on prend la peine de regarder l'ensemble de l'oeuvre - d'un Avedon superstar, jet-set et photographe "de mode". Son Autobiography, qui mêlait de façon impressionnante tous les aspects de son travail et qui est définitivement marquée par une obsession de la mort (on songe entre autres à une double page dans laquelle son père sur son lit de mort et un mannequin posant en studio ont exactement le même rictus), annonçait aussi l'actuelle publication. Depuis dix ans, les photos de mode d'Avedon n'ont été que des travaux commerciaux, entre autres pour Versace, qui a signé avec lui un contrat d'exclusivité pour ses campagnes mondiales. En décidant, à 72 ans, de régler ses comptes avec le milieu qui l'a rendu célèbre, Richard Avedon ne provoque pas, ne triche pas, ne fait pas un "coup". Il balance simplement ce qu'il a sur le coeur, ce qu'il pense vraiment de la mode et nous dit qu'il ne veut plus être une fashion victim.

Christian CAUJOLLE

Devinette accessoire mais non gratuite : pourriez-vous citer, dans le monde, cinq titres de magazines capables de consacrer 26 pages à un tel travail ?

(1) Editions Schirmer-Mosel

19/11/2009

Supermother ma maman

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EzbietaJablonskaSuperMother2.jpgDans la série photographique « Home-Games » d'Elzbieta Jablonska, le Superman devient une Supermother, pour qui les actes héroïques quotidiens consistent à être une femme au foyer, à élever des enfants, avoir un travail, être une mère, une épouse, une gouvernante, une maîtresse, une amie, une employée et une femme séduisante, tout ça en même temps. et tous les jours. Ces nombreux rôles assignés aux femmes modernes sont souvent contradictoires et exigent des capacités surhumaines d’exécution simultanée, frôlant le miracle si on y pense. Bien que ce soit les Supermothers plutôt que les Supermen qui fassent tourner le monde, leurs efforts sont à peine détectés. Leurs actes, n’étant pas du tout spectaculaires ni mémorables, sont en plus effectués à la maison, dans la vie tout à fait quotidienne, quasi invisibles aux yeux des hommes qui n'en parleront pas. Et ce travail me touche, parce que derrière la mascarade il y a une vérité sexuelle que l'art ne dit pas d'habitude, pas souvent, pas avec cette intelligence. Cette vérité nos enfants la connaissent. Leurs mères sont des femmes magnifiques, des femmes qui courent  la nuit avec les loups pour éviter de dépérir, mais qui le jour exécutent mille basses besognes en essayant de tenir la longueur.

« Supermother attire les enfants parce que c'est une vision inspirée par mon fils,» explique Elzbieta J. Une maman met en scène le regard que son enfant peut porter sur elle, et ça donne des images qu'on ne voit pas ailleurs, conçues dans la complicité d'un enfant et de sa maman à lui qui est aussi artiste, trafiquante en images, révélatrice en zones d'ombres.

Elżbieta Jabłońska encore : « Ordinary everyday affairs are usually a very compelling area of work. I have a private but rather popular theory that the very decision to get up in the morning is a heroic deed. I'm fascinated by cycles, the repeatability of everyday actions, and apparent boredom that we must humbly accept. »


11/11/2009

1/25 de seconde.. elle était là, face à l'objectif et je ne l'ai pas vue..

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Les photographies quand elles s'effacent
© Elodi Laurent

Elodi Laurent est repartie au Mali, et je ne me souviens de ses voyages que deux images, impossibles à oublier. La première j'ai pu la découvrir sur son blog, le boudoir de grand-mère. Holga-petite-fille.jpgUn visage de petite fille simplement légendé Holga-petite-fille.jpg, dont j'ai imprimé une copie pour l'afficher au mur de la chambre où je dors. Besoin d'images autour du lit et d'une bougie la nuit pour regarder. Comme un volcan qui sommeille, obligé. La deuxième image n'est pas en ligne sur le boudoir, c'est une photo qu'Elodi Laurent m'a postée juste avant d'embarquer pour le Mali.

Voici ce qu'elle m'écrivait dans la nuit du 3 au 4 novembre :

Tieri,,

J'ai bien reçu votre message, mon esprit était ailleurs ces derniers jours, plus tout à fait ici, pas encore là-bas. Le voyage commence toujours avant l'arrivée dans le pays !

Les heures passent, la pression monte. Autant d'appréhension que d'impatience. Peur de ne pas voir, de ne pas arriver à partager... des idées de photos mais je sais que sur place, je ferai autre chose.. mais je pars en bonne compagnie, je vais revoir quelques personnes.. j'espère que ce voyage aura un sens..

Je ne sais pas comment raconter le truc.
Au village, Bedecurumba, je me baladais seule, puis tout un groupe de jeunes femmes m'a encerclé, elles étaient très enthousiastes de voir l'appareil, de faire des photos, car j'ai eu l'idée un peu de folle de passer mon appareil.. mais c'était du n'importe quoi, je voyais l'appareil voler de mains en mains, donc j'ai repris l'appareil et je l'ai fait passer, une personne à la fois..  je me souviens de ce moment et ce fut un peu "agressif"..
Donc j'organise les photos à apporter aux jeunes femmes..  puis je remarque une petite fille que je n'avais jamais vue.. elle se tenait à l'écart du groupe et elle était sur plusieurs photos, au loin, mais face à l'objectif..  et je regrette en voyant son sourire de ne pas l'avoir vue !!!

Finalement,, je n'ai tiré aucune photo de ce groupe,, seulement de la petite fille et j'espère la retrouver pour lui passer mon appareil, en plus, cette fois-ci nous avons une imprimante et elle pourra faire et avoir la photo de suite.

1/25 de seconde.. elle était là, face à l'objectif et je ne l'ai pas vue..

Bon,, là, je dois vraiment faire mon sac!
J'enverrai un mail à mon retour mais le lundi 30 novembre je serai à Arles.

Merveilleuse journée,,
A bientôt,,

Elodi

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22/10/2009

Le voyage sentimental

Araki_copy.jpgChers lecteurs.

Je n'en peux plus, et ce n'est pas parce que je souffre de diarrhée chronique ou d'otite. C'est seulement parce qu'il y a trop de photographies de mode autour de nous et que je ne supporte pas ces visages, ces corps nus, ces morceaux de vies privées et ces décors qui ont tous l'air aussi faux. Ce livre est différent de ces photographies truquées. Ce Voyage sentimental est un symbole de mon amour, le dessein d'un photographe. Je ne dis pas que ce sont des clichés vrais, simplement parce que je les ai pris pendant ma lune de miel. Mon point de départ en tant que photographe, c'était l'amour et je venais justement de commencer à travailler à partir de l'idée de watakushi-shôsetsu. Toute ma carrière, j'ai suivi la voie du watakushi-shôsetsu. Je pense que c'est le watakushi-shôsetsu qui est le plus proche de la photographie.

Araki. Préface à Senchimentaru na tabi (Voyage sentimental), 1971.

« En japonais, shôsetsu signifie « roman». Et watakushi veut dire « je ». C'est du moins l'un des nombreux mots dont dispose cette langue pour y servir  comme pronom personnel de la première personne du singulier. Littéralement, watakushi-shôsetsu devrait se traduire ainsi par « roman du je ». C'est-à-dire plutôt : « roman personnel », «autobiographique », ou encore, et si l'on veut user d'une catégorie critique tout à fait anachronique et exotique par rapport à son objet, « autofiction ».

Philippe Forest, Araki enfin - L'homme qui ne vécut que pour aimer. Gallimard, 2008.

Alix Cléo Roubaud, revoir les photos et relire son journal

Encore une bonne nouvelle au sujet d'Alix Cléo Roubaud : Aujourd'hui 22 octobre paraît au Seuil la réédition de son Journal, en même temps que Le Grand Incendie de Londres de Jacques Roubaud qui regroupe l'ensemble des textes écrits autour de son Grand Projet, lui-même détruit après la mort d'Alix Cléo en 1983.

Plusieurs manifestations sont par ailleurs organisées à Aurillac, autour de La chambre (noire) :

Au Musée de la photographie d'Aurillac, exposition de plus de soixante photos d’Alix Cléo Roubaud
( 21 octobre - 18 décembre ). Le film de Jean Eustache, Les photos d’Alix, sera diffusé en continu dans le cadre de l'expo.
Au moins trois dates à ne pas oublier :

  • le 5 novembre 18H, vernissage de l’exposition en présence de Jacques Roubaud.
  • le 6 novembre 20H45, création de La chambre (noire)-format polaroïd et intervention de Jacques Roubaud.
  • le 15 décembre 20H45, représentation de La chambre (noire)-format panoramique au théâtre.

Alix Cléo Roubaud tu nous manques

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Générique du film Les photos d'Alix, de Jean Eustache

Bonne nouvelle : Le court-métrage de Jean Eustache, Les photos d'Alix, est consultable en ligne sur le blog Les avant-dernières choses. Le film enregistre un dialogue très simple où Alix-Cléo Roubaud explique ses photos à Boris Eustache, qui joue le rôle du néophyte adolescent.  Peu à peu, l'écart se creuse entre les photos montrées et le commentaire qu'en donne la photographe :

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"Vertigo", photogramme extrait du film Les photos d'Alix, de Jean Eustache

Boris Eustache : Cette photo s'appelle Vertigo ?

Alix-Cléo Roubaud : Oui enfin ça s'appelle Vertigo pour des raisons purement anecdotiques, parce que j'ai vu Vertigo après avoir pris cette photo, c'est-à-dire la même après-midi mais enfin il n'y a pas beaucoup de rapport, sauf que je souffrais de vertiges assez aigus en la prenant, j'avais beaucoup bu, comme cette bouteille était à peu près vide, et enfin l'histoire est très étrange, l'histoire de la prise est assez particulière.

B.E. : Tu veux bien me la raconter ?

A-C. R. : Elle est fort obscène. J'étais en posture embarassante avec un ami qui... J'ai allumé une cigarette et il m'a dit : "Tu allumes une cigarette en ce moment, dans ces circonstances comme les putes d'Amsterdam" et j'ai dit "Oui, pourquoi pas, et puis non seulement je peux allumer une cigarette mais je veux prendre une photographie, alors j'ai pris cette photographie. Et il faisait très chaud, ce que j'ai essayé d'indiquer par ce coloriage maladroit à vrai dire... maladroit mais comme quoi une photographie peut être personnellement pornographique tout en étant publiquement décente. N'est-ce pas ?

Les photos d'Alix reste le dernier film qu'aura réalisé Jean Eustache, en 1980, peu de temps avant de se donner la mort.

LES PHOTOS D’ALIX
de Jean Eustache - Avec Alix Cleo-Roubaud, Boris Eustache - 1980 / 19min / Tamasa Distribution

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22/09/2009

Présences animales


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Photo © Maïa Roger

Les photographies de Maïa Roger étaient affichées depuis longtemps au mur de la grange, derrière la rue à Vaillac. Au dessus de la photocopieuse et tout près du téléphone, si bien que je pouvais les scruter plusieurs fois par jour en parlant d'autre chose. Elles faisaient partie des quelques images que j'avais fini par connaître par coeur, petit morceau de mémoire autour duquel la rêverie peut embrayer sans forcer. Chacune des mises en scène de Maïa Roger convoque le monde confus des contes, là où les animaux peuvent parler à leur tour, accrocher aussi des rideaux aux fenêtres du terrier, parler d'amour comme on parle du beau temps, allongés dans l'herbe des pentes à l'automne.

Ce sont des images qui ont le pouvoir de raconter tout en renouant avec une amitié instinctive pour les présences animales, une amitié propre à l'enfance et qui s'en ira vite, plus tard, dans l'apprentissage du monde adulte où les animaux se verront relégués à l'écart. C'est cette enfance amicale, intriguée, instinctive que Maïa Roger parvient à approcher en images, et cela provoque une fascination qui ne se défait pas, se creuse à chaque nouvelle image que je découvre d'elle.

20/09/2009

Dans les photos qu'on n'oublie pas : Le grenier d'Estelle Dougier

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© Estelle Dougier - « Le grenier », 2007

Dans le courrier qu'on reçoit il y a parfois des ébauches de livres. Quelques photos et une idée. D'autres fois le livre existe déjà, objet précieux et important entre nos mains qui viennent d'ouvrir l'enveloppe. « Le grenier » est un de ces livres qu'on n'oublie pas, qu'on a gardé longtemps en hésitant. Un livre avec des photos d'Estelle Dougier et un poème d'Eléonore Cannone, qui avait fait paraître la même année  « Elle, pinces et dépendance», son premier roman aux éditions de l'Altiplano. Et puis un jour on décide que «Le grenier» ne sera pas un livre d'Où sont les enfants ? Une décision à contre cœur, parce que le texte est habité par l'esprit de l'enfance, au moins autant que les images. Il y a l'émerveillement des yeux qui découvrent, et en même temps la nostalgie pour une enfance passée. Cette nostalgie que les enfants ne peuvent pas ressentir. C'est ce projet, et quelques autres reçus au fil des mois, qui nous a fait imaginer une collection de photolittérature qui ne s'adresserait pas aux enfants.
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© Estelle Dougier - « Le grenier », 2007

Pendant l'été, Estelle Dougier est venue aux Rencontres d'Arles. L'occasion de croiser une photographe dont nous avions pu suivre depuis deux ans le travail, et d'imaginer avec elle d'autres livres. Le hasard a fait qu'elle avait exposé l'été dernier à L'atelier du midi, rue du Sauvage, ce lieu où Lucie Pastureau et Lionel Pralus montraient leur travail en juillet. Voici ce qu'Estelle disait des photographies du Grenier, à l'occasion d'une interview pour le webzine Platform (numéro 5) : « De façon générale, je suis très attirée par l'univers de l'enfance et des souvenirs qui y sont liés. J'ai eu l'idée ( je ne sais pas vraiment comment ) de faire des photographies d'un vieux grenier où l'on retrouverait des souvenirs de ces moments passés à travers de vieux jouets, d'anciens objets oubliés... J'aime ce type de lieu un peu fermé, à la fois nostalgique et poétique.»

D'autres photos d'Estelle Dougier sont visibles sur son site. Elles explorent les mondes de la nuit, de l'enfance et du spectacle tout autour de la rue Lepic où elle habite à Paris, dans d'autres villes à l'étranger où elle promène ce regard solitaire qui s'en va explorer. Il faut l'écouter raconter ses marches la nuit dans les villes, à l'affût des lumières et des reflets, son vieil Hasselblad 501 CM posé sans pied à même le sol. Accroupie au dessus du boitier, elle cherche l'image et inquiète un peu les noctambules qui viennent l'interroger, si bien qu'ils peuvent se retrouver eux aussi à l'intérieur de l'image. La photographie peut devenir ce piège que provoquent la nuit les rencontres.

A lire aussi : Estelle Dougier, poésie et nostalgie sur lesPHOTOGRAPHES.com

 

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© Estelle Dougier