Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/10/2009

Légendaire Ylla

YLLA-LANDAU.jpgEn explorant le travail d'Ylla, je découvre quelle légende accompagnait à la fin de sa vie ses images. Ylla n'était pas l'inventrice de la photo animalière, mais en photographiant certains animaux elle leur donnait un visage. La différence est assez considérable, irréductible, humiliante aussi pour tous ces photographes qui transformèrent l'existence animale en surproduction d'images et d'ennui. Il faut des allumées, des aventurières capables de sauvagerie et d'amitié animale, prêtes aux passions et au danger pour accomplir la métamorphose d'une vision des sentiments animaux.guépard.jpg

En photographiant un guépard, Ylla parvient à faire le portrait d'un individu, Rachid, considéré par les Touaregs comme un prince et ami des enfants. Ses photographies racontent une biographie qui passera par des voyages à travers les frontières, plusieurs amitiés et une passion amoureuse avec Odette de Puigaudeau.

Comme beaucoup d'autres images encore inédites, les photographies d'Ylla donnent à l'animal un statut d'individu qui aujourd'hui, dans une société de masse et de massacre, peut sembler incompréhensible et même répréhensible. Il faudra imaginer de nouveaux livres, capables d'indiquer aux enfants de quelles fraternités animales on les prive. Si la vie parmi les hommes devient ce jeu misérable que nous montrent les images fabriquées pour fournir aux journaux, il faudra indiquer aux enfants d'autres joies, et réapprendre pour commencer la ferveur animale.

 

16/10/2009

YLLA & LES ENFANTS DU PEUPLE SINGE

YLLA1911-1955.jpgElle photographiait les animaux et depuis longtemps, elle avait décidé d'en faire son métier, même si ça n'intéressait personne à Paris. Elle arrivait d'Autriche et cohabitait dans une chambre de bonne avec les animaux qu'elle prenait en photo. L'odeur de ménagerie impressionnait, qu'Ylla oubliait à force d'y vivre.

C'est en 1931 qu'elle arrive à Paris, où elle étudie la sculpture à l'académie Colarossi tout en travaillant comme assistant-photographe auprès d'Ergy Landau. C'est gâce à elle qu'elle fera sa première exposition l'année suivante, à la Galerie de La Pléiade, avant d'ouvrir son propre studio de photographie animale et d'entrer à l'agence Rapho.

En 1938, elle publie Petits et Grands avec un texte d'André Demaison, puis un livre avec le biologiste anglais Julian Huxley, Animal language qui inclue deux enregistrements de cris animaux.

Le cinéaste Jean Painlevé l'a rencontrée à plusieurs reprises, impressionné par ses portraits d'animaux. C'est lui qui raconte qu'en 1940, venant de perdre son ami journaliste face aux nazis, elle voulait tuer Daladier et le cherchait dans Paris. Plus tard, elle vécut sans argent à New York et partagea un atelier avec Tana Hoban. Du jour au lendemain, elle passa de la pauvreté à la célébrité après avoir été attaquée par le panda qu'elle photographiait. Les magazines américains qui refusaient ses photographies publiaient son portrait en première page et peu à peu, le nom d'Ylla allait devenir celui d'une légende.

petitsetgrands.jpg